La technique des émaux cloisonnés

Cette technique délicate consiste à cerner les gouttes d’émail par de fins traits noirs afin de produire un relief sur un biscuit brut. 

La pose du tracé noir a un double rôle, il bloque la couleur à un endroit précis. Les couleurs sont toutes cernées par ce filet noir qui isole et les empêche d’interférer l'une sur l'autre. C'est la même technique qui est utilisée dans l'art du vitrail.

Ensuite l’émail est déposé et travaillé goutte à goutte au pinceau. Il faut plusieurs années de formations avant d’acquérir une maîtrise parfaite.

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Pour réaliser des pièces en faïence blanche nous avons besoin d’un moule en plâtre creux dans lequel on coule la barbotine (mélange de kaolin, d’argile et d'eau). Le plâtre du moule, avide d’eau, aspire le liquide de la barbotine en contact avec sa surface : une croûte se forme le long de ses parois. Dès que l’épaisseur de la croûte a atteint 7/8mm, le moule est retourné, vidant le trop plein de barbotine encore à l’intérieur.

La pièce doit sécher dans le moule pendant 4/5 heures, puis est démoulée et laissée à l’air libre pendant 24 heures. Les modeleurs ébarbent les plans de joint et lui donnent un aspect lisse en frottant à l’éponge, avant une première cuisson à 1050°C pendant une nuit.

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A sa sortie du four, cette terre cuite blanche est nommée « biscuit ». Le biscuit après sa cuisson est prêt à être décoré…
Une fois la pièce complétement émaillée, celle-ci est cuite entre 950°C et 980°C. La cuisson a bien évoluée depuis l’utilisation des gaz perdus des hauts fourneaux vers 1847. Les progrès techniques successifs ont amené le gaz, le bois et l’électricité. Actuellement, la cuisson se fait électriquement ou au gaz.

Afin d’avoir un aspect craquelé sur certaines couleurs, nous pouvons enduire la pièce à l’encre de chine ou brou de noix ou autres pour rendre visibles les craquelures de l’émail.